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INTRODUCTION

Le cancer colorectal, une maladie qui se développe dans le gros intestin, fait des ravages au sein de la population. Il touche en effet quelque 22 000 Canadiens chaque année. La plupart de personnes atteintes de ce cancer subissent des chirurgies douloureuses et des traitements invasifs de chimiothérapie ou de radiothérapie destinés à traiter cette maladie et à la tenir à distance. À son premier stade, le cancer colorectal ne s’accompagne d’aucun signe ni symptôme et peut progresser à notre insu pendant longtemps avant que des problèmes ne se manifestent. Lorsque des symptômes apparaissent – diarrhée, vomissements, faiblesse, perte de poids inexpliquée, sang dans les selles – ils ne diffèrent pas beaucoup des symptômes associés à d’autres types de cancer : ils sont diffus et peuvent être indicateurs de nombreuses autres maladies.

Le cancer colorectal frappe sans discrimination, et même les gens les plus en santé sont susceptibles de l’avoir. Toutefois, plusieurs facteurs liés au style de vie peuvent être modifiés afin de prévenir cette maladie. Compte tenu de l’information présentée ci dessous, il appert que nous devons tous faire des efforts pour faire obstacle à cette maladie. Dans la présente section, on décrit certaines habitudes de vie à modifier ou à adopter afin de réduire le risque de cancer colorectal. On ne comprend pas encore très bien les rouages de cette maladie et de sa prévention, mais une faible lueur d’espoir point à l’horizon grâce aux nouvelles recherches sur le sujet, qui nous fournissent de nouvelles armes pour lutter contre ce cancer parfois mortel. Chacun peut prendre des mesures à l’égard de certains aspects de sa vie pour prévenir le cancer colorectal. Huit de ces aspects sont abordés dans la présente section. Les voici :

Alimentation Nutrition et suppléments nutritionnels Poids et masse corporelle (IMC) Exercice Syndrome métabolique Tabagisme Consommation d’alcool Dépistage

NB : Il convient de consulter son médecin avant de modifier son alimentation ou son activité physique ou de prendre des suppléments nutritionnels.

ALIMENTATION

Le cancer colorectal est de loin le type de cancer le plus facile à prévenir grâce à un régime alimentaire adéquat. Des recherches montrent qu’il existe un lien entre une alimentation riche en fruits et légumes, en produits céréaliers à grains entiers, en protéines maigres et en « bons gras », d’une part, et, d’autre part, un faible risque de cancer colorectal. Inversement, il appert qu’une alimentation comportant beaucoup de viande rouge, d’aliments raffinés ou transformés et de « mauvais gras » accroît le risque d’avoir cette maladie.

Voici quelques conseils pour réduire votre risque de cancer colorectal :

1. Fruits et légumes : Consommez une grande quantité de fruits et de légumes variés. Selon une étude récente (Nomura, 2008), une telle consommation protège les hommes contre le cancer colorectal, et d’autres recherches sur la question indiquent que ces effets protecteurs sont les mêmes chez les femmes (Park 2007; Kouskik 2008). Il est fortement recommandé de consommer des légumes verts à feuilles comme le brocoli et les épinards en raison de leur qualité nutritionnelle. Les fruits représentent quant à eux une excellente source de glucides (hydrates de carbone) et renferment des antioxydants aux effets importants (voir ci dessous) ainsi que des vitamines et des minéraux essentiels à notre survie. Le goût sucré des fruits provient de la fructose qu’ils contiennent, et l’indice glycémique de ces aliments s’avère faible (voir le numéro 6, ci dessous) de même que leur teneur en glucides (idem).

2. Viande rouge et viandes transformées : Limitez votre consommation de viande rouge et de viandes transformées, car des études ont mis au jour la présence d’agents cancérogènes (pouvant causer le cancer) non seulement dans les viandes qui ont subi un processus de transformation, mais aussi dans la viande rouge (bœuf, porc, agneau et veau) (Giovannucci et coll., 1994). Des substances cancérigènes sont produites dans l’organisme lorsqu’on mange de la viande rouge qui a brûlé durant la cuisson (Langman, 2002). Envisagez de consommer des substituts de la viande comme sources de protéines, par exemple le poulet, les produits laitiers faibles en gras, les légumineuses et le poisson (American Institute for Cancer Research, mai 2008).

3. LAIT : Selon les résultats d’une étude sur l’alimentation et le cancer réalisée sous l’égide des organismes World Cancer Research Fund et American Institute of Cancer Research, on dispose de suffisamment de données probantes pour conclure que la consommation de lait protège contre le cancer colorectal (World Cancer Research Fund/ American Institute for Cancer Research, Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer; A Global Perspective, Washington, AICR, 2007). Les éléments contenus dans les produits laitiers qui sont susceptibles d’intervenir dans cette protection sont deux nutriments essentiels : le calcium et la vitamine D. Cependant, d’autres éléments constitutifs du lait pourraient également entrer en jeu (Pufulete 2008). Les recherches donnent à penser que c’est l’effet synergique de ces deux nutriments qui prévient le cancer colorectal (Grau et coll., 2003). De façon plus précise, il semblerait que le calcium contribue à prévenir l’apparition de polypes bénins dans le côlon (un des signes précurseurs de ce cancer) ainsi qu’à en ralentir la croissance quand ils sont déjà formés. Et nous savons que la vitamine D joue un rôle dans l’absorption du calcium par l’organisme. En outre, de nouvelles recherches laissent croire que cette vitamine inhibe la croissance des cellules cancéreuses dans le côlon.

4. Céréales et légumineuses : Remplacez les produits céréaliers raffinés à base de farine blanchie par des produits de grains entiers tels que l’avoine, l’orge et le blé entiers. Vous pouvez également consommer ces céréales à l’état naturel. Sachez par ailleurs que les sucres raffinés et les céréales transformées sont dépourvus de valeur nutritionnelle et augmentent la teneur en glucides (voir le numéro 6, ci dessous) d’un repas. Les légumineuses comprennent notamment les fèves, les lentilles et les pois chiches.


Les pâtes de blé entier ou d’épeautre, le pain d’épeautre ou de son d’avoine, le pain de seigle au levain et le riz à grains longs ne sont que quelques exemples de produits céréaliers non raffinés.

5. Eau : Buvez beaucoup d’eau pour faciliter votre digestion, car ce liquide facilite les réactions biologiques dans votre organisme. En outre, la déshydratation chronique peut contribuer à l’apparition de nombreux problèmes de santé (la constipation, par exemple, qui survient lorsque les résidus de la digestion restent bloqués dans l’intestin). Boire de six à huit verres moyens de liquide par jour aide à prévenir la paresse intestinale. Le thé, le café et les jus de fruits peuvent contribuer à l’apport en liquides, tout en fournissant dans certains cas des éléments nutritifs et d’autres bienfaits.

6. Gras trans : Remplacez les mauvais gras appelés « gras trans » (présents dans les gâteaux, les biscuits, les aliments frits, la margarine, les beignes et les croustilles) de même que les gras saturés (qu’on trouve dans le beurre et la viande rouge) par les bons gras, aussi appelés « gras insaturés » (présents dans les poissons gras tels que le saumon et dans les avocats, l’huile d’olive et les noix). Des études récentes (Vinikoor et coll., 2008) laissent croire à une corrélation entre les gras trans et le risque de cancer colorectal. Leurs auteurs recommandent donc de consommer régulièrement des bons gras  ceux qui sont liquides à la température de la pièce, en particulier les gras monoinsaturés et polyinsaturés. Les gras trans et les gras saturés, nocifs pour la santé, se présentent habituellement sous forme solide lorsqu’ils sont à la température de la pièce. Afin de consommer davantage de bons gras, cuisinez avec des huiles comme l’huile d’olive et privilégier les noix, les avocats et les poissons gras plutôt que la viande rouge bien cuite. Chez les personnes atteintes de cancer, la proportion de l’apport calorique quotidien provenant des gras ne devrait pas excéder 30 % environ. Dans le cadre d’un régime de 2 000 calories, cela voudrait dire pas plus de 67 g de gras au total par jour. En règle générale, l’application de ces principes, qui contribue à prévenir les maladies du cœur, est également indiquée pour assurer la santé du côlon (Vinikoor et coll., 2008).

7. Sucre, indice glycémique et teneur en glucides : Selon les résultats d’études récentes réalisées à l’école de médecine de l’université Harvard, les hommes et les femmes dont la consommation d’aliments qui font grimper le taux de sucre dans le sang (glycémie sanguine) est élevée courent plus de risques d’avoir le cancer colorectal, comparativement aux personnes qui en consomment moins (Liu et coll., 2008). On dispose de nombreuses données scientifiques probantes indiquant un lien entre le sucre et le risque de cancer colorectal. L’indice glycémique (IG) d’un aliment contenant des glucides (hydrates de carbone) nous donne une idée de la rapidité avec laquelle le taux de glycémie sanguine monte après consommation de cet aliment. L’IG varie de 1 à 100 (100 représentant le taux de référence à partir duquel le glucose passe dans le sang après l’ingestion). Les aliments à faible IG font grimper moins rapidement la glycémie sanguine que les aliments riches en glucides, dont l’IG est élevé. On trouve l’IG de différents aliments sur le site Web suivant : http://www.mendosa.com/gilists.htm. La teneur en glucides correspond à l’IG moyen pondéré d’un aliment, multiplié par la valeur calorique (nombre de calories) de cet aliment. On trouve la teneur en glucides de divers aliments sur le site Web suivant : http://www.mendosa.com/gilists.htm.

Par ailleurs, une étude réalisée à l’école de médecine de l’université Duke a permis de trouver une cause possible au fait que les cellules cancéreuses « aiment » tant le sucre. Certains facteurs de croissance régulent le métabolisme et la survie des cellules saines. En leur absence, le glucose diminue, son métabolisme est perturbé, et les cellules meurent. Le métabolisme du glucose peut toutefois se maintenir dans les cellules cancéreuses grâce à une protéine appelée « Akt », qui le favorise et empêche les cellules de mourir, même quand les facteurs de croissance sont absents. Lorsqu’on ingère beaucoup de sucre, l’organisme se met à produire trop d’insuline, et cette dernière stimule la croissance cellulaire. Cette stimulation s’avère favorable quand il s’agit de cellules saines, mais pas lorsqu’on parle de cellules cancéreuses. Évitez les sucres simples, contenus dans les aliments raffinés (boissons gazeuses, boissons sucrées, friandises, gâteaux et autres desserts et collations à forte teneur en sucres simples). Ces aliments ont un IG élevé et, partant, peuvent faire grimper rapidement le niveau d’insuline (Flood et coll., 2007).

NUTRITION ET SUPPLÉMENTS NUTRITIONNELS


Oxydation et bienfaits des antioxydants

Quand l’organisme transforme en énergie les aliments consommés, il se trouve en résumé à rompre des liaisons chimiques. Il arrive que cette rupture génère ce qu’on appelle des « radicaux libres », des entités chimiques qui possèdent un électron non apparié, ce qui leur confère une grande instabilité et leur permet de « voler », pour ainsi dire, l’électron manquant à d’autres entités. Appelé « oxydation », ce processus est considéré comme l’une des principales causes de dommages à l’ADN, lesquels provoquent non seulement le vieillissement, mais aussi le cancer, parfois. C’est ici qu’entrent en jeu les puissants antioxydants, car ils neutralisent les radicaux libres avant qu’ils ne puissent endommager l’ADN. On les trouve dans les fruits, les légumes et les suppléments nutritionnels (vitamines et minéraux). Ils agissent comme des « sentinelles » qui protègent l’ADN. Afin de prévenir le cancer colorectal, il importe d’avoir suffisamment d’antioxydants pour neutraliser les radicaux libres, ces molécules nuisibles produites par l’organisme et associées au cancer (Saffrey et Stewart, 1997). Il faut manger en abondance des aliments riches en antioxydants (fruits et légumes) afin de protéger son ADN des dommages quotidiens.

Plusieurs études donnent à penser que les sources d’antioxydants mentionnées ci dessous peuvent réduire le risque de cancer colorectal.

Calcium

Métal bien connu, le calcium joue un rôle dans la santé des os et la prévention de l’ostéoporose, mais on sait également qu’il réduit le risque de cancer colorectal (Mizoue et coll., 2008). En effet, il semble que le calcium protège les cellules de la paroi intestinale contre l’effet des carcinogènes (substances qui causent le cancer) qu’on trouve dans l’environnement ainsi que dans l’acide biliaire, une substance normalement produite par l’organisme pendant la digestion, mais néanmoins toxique. Nombreux sont les aliments qui contiennent du calcium : produits laitiers (lait, yogourt et fromage), légumes verts à feuilles et poissons gras tels que le saumon et les sardines. La vitamine D (voir ci dessous) favorise l’absorption du calcium. L’apport quotidien de calcium de source alimentaire recommandé pour les adultes est 1 000 mg pour les 19 50 ans, et de 1 200 mg pour les plus de 50 ans.

Vitamine D

On trouve la vitamine D dans quelques rares sources alimentaires naturelles telles que les poissons gras et le jaune d’œuf, mais notre peau en produit également lorsqu’elle est exposée au soleil. Cette vitamine joue un rôle important dans la prévention du cancer colorectal (Wei et coll., 2008). Elle est essentielle à l’assimilation du calcium par l’organisme et contribue à réguler la reproduction des cellules, qui est déréglée lorsqu’il s’agit de cellules cancéreuses. De plus, on additionne de la vitamine D à certains produits alimentaires (le lait et la margarine, notamment). Par ailleurs, une exposition de quelques minutes au soleil sans écran solaire peut hausser le taux de vitamine D dans l’organisme. On recommande aux adultes d’absorber tous les jours 1 000 UI de vitamine D de source alimentaire et de s’exposer au soleil pendant de courtes périodes. Cette même quantité sous forme de suppléments est recommandée aux adultes durant les mois d’hiver, faibles en ensoleillement (les personnes âgées, les gens qui ont la peau foncée et ceux qui ne vont pas souvent dehors devraient prendre ces suppléments à longueur d’année). Les experts conseillent toutefois la prudence quant à l’exposition au soleil, car elle accroît le risque de cancer de la peau lorsqu’elle est prolongée.

Acide folique

L’acide folique est une vitamine du groupe B présente dans bon nombre d’aliments naturels tels que les légumes verts à feuilles, les fèves et les agrumes. De plus, on en additionne les produits céréaliers. On en trouve une forme synthétique dans les ajoutée aliments enrichies et les suppléments nutritionnels. L’acide folique est indispensable pour la formation et la régénération de l’ADN cellulaire. Un manque de cette substance peut endommager l’ADN et accroître le risque de cancer colorectal (Duthie et coll., 2008). Pour les adultes, on recommande un apport quotidien de source alimentaire équivalent à 400 Mg (microgrammes). Signalons par ailleurs que l’alcool nuit à l’assimilation de l’acide folique par l’organisme. Sa consommation excessive peut donc faire augmenter le risque de cancer colorectal en réduisant les réserves d’acide folique. (Voir la partie relative à l’alcool pour connaître les quantités recommandées.)

Fibres

On trouve des fibres dans tous les végétaux comestibles que l’organisme ne digère pas (fruits, légumes, céréales, légumineuses, etc.). La question de savoir si les fibres réduisent ou non le risque de cancer colorectal soulève une controverse. Des études récentes laissent croire que les fibres contenues dans les céréales à grains entiers, les fruits et les légumes entraînent une réduction de ce risque (Jacobs et coll., 2007). Les fibres augmentent le volume des matières fécales qui, gonflées et ramollies, stimulent l’activité colique, facilitant et accélérant le transit des selles. Les fibres absorbent également les carcinogènes présents dans les matières fécales et, grâce au transit rapide des selles qu’elles favorisent, écourtent la période de contact de la muqueuse intestinale avec les substances toxiques. On se livre à de nombreux débats au sujet du type de fibres qui comporte le plus de bienfaits pour la santé. Les fruits et les légumes renferment des fibres solubles (des matières dégradables comme la pectine et de la gomme végétale qui se dissolvent dans l’eau pour produire une matière gélatineuse) qui peuvent faire baisser le taux de cholestérol et de glycémie dans le sang. On trouve des fibres végétales dans l’avoine, les pois, les fèves, les pommes, les agrumes, les carottes, l’orge et l’herbe aux puces (psyllium). De plus, certaines fibres céréalières formées de matières insolubles et non dégradables facilitent le passage des aliments dans les voies digestives et accroissent le volume des matières fécales. Elles sont donc généralement indiquées pour les gens qui souffrent de constipation ou ne vont pas régulièrement à la selle. On trouve ces fibres dans la farine de blé entier, le son de blé, les noix et bon nombre de légumes, entre autres. Quand les matières fécales restent trop longtemps dans les intestins, elles libèrent des toxines qui peuvent s’y accumuler. Par exemple, les bactéries coliques rendent les déchets intestinaux toxiques. Il pourrait y avoir un lien entre une exposition prolongée du côlon à de telles toxines et le cancer colorectal. Par conséquent, l’élimination en temps opportun des résidus de digestion grâce à des selles régulières est à conseiller. Pour cette raison, les chercheurs croient que les fibres insolubles offrent la meilleure protection contre le cancer colorectal. Pour les adultes, on recommande un apport en fibres de source alimentaire représentant entre 20 g et 35 g par jour.

Sélénium

Le sélénium est classé parmi les oligoéléments et essentiel pour l’organisme, mais en petite quantité. On a démontré que ce minéral, présent entre autres dans le sol, réduit le risque de cancer colorectal (Jacobs et coll., 2004). On trouve aussi du sélénium dans bon nombre de plantes (qui l’absorbent) et d’animaux (qui mangent ces plantes). La quantité de sélénium dans les aliments dépend de la teneur du sol en minéraux à l’endroit où la plante ou bien l’animal consommé a grandi. Au Canada et aux États-Unis, le sol est généralement riche en sélénium, et les gens présentent donc rarement une carence de ce minéral. Les produits céréaliers, les noix et la volaille sont de bonnes sources de sélénium. Dans l’organisme, le sélénium interagit avec les protéines pour produire de puissants antioxydants, lesquels protègent les cellules contres les radicaux libres, des molécules instables qui peuvent endommager l’ADN cellulaire et causer le cancer. Par ailleurs, les dérivés du sélénium peuvent aussi prévenir le cancer, car ils activent les gènes suppresseurs de tumeur. Pour les adultes, la concentration de sélénium de source alimentaire recommandée est de 55 Mg par jour.

Acides gras oméga 3

Les acides gras oméga 3 sont un type de gras insaturés qu’on trouve dans les poissons d’eaux froides et de grands fonds ainsi que dans certains végétaux, dans les noix et dans les huiles, plus particulièrement dans les fèves de lima, les noix de Grenoble, les graines de lin, l’huile de canola et l’huile d’olive. Il existe trois sortes d’omégas 3. Les poissons contiennent les formes les plus facilement assimilables, et ce sont les poissons gras d’eaux froides  comme le saumon, le thon et le hareng  qui remportent la palme à ce chapitre.


Des données probantes laissent croire qu’une réduction du risque de cancer colorectal est associée à la consommation d’omégas 3 provenant du poisson (Geelen et coll., 2007; Pot et coll., 2008). Les omégas 3 réduisent l’inflammation et plus particulièrement celle du côlon, qui peut causer le cancer colorectal. Une alimentation riche en omégas 3 peut aussi contribuer à réduire les effets des omégas 6, un autre type d’acide gras présent dans certaines huiles végétales et dans les produits de boulangerie. Les omégas 6 sont importants pour la santé, mais, en quantité excessive, ils peuvent provoquer une inflammation et entraîner l’apparition d’un cancer (Pot et coll., 2008). Chez les Occidentaux, l’alimentation est généralement très riche en omégas 6. On recommande aux adultes de consommer au moins deux portions de poisson (2 g à 3 g d’omégas 3) par semaine.

Lycopène

Le lycopène est un pigment rouge présent dans les tomates et d’autres aliments de couleur rouge tels que la pastèque, les fraises, la goyave, les abricots, la papaye et le pamplemousse rose, bref tous les fruits et légumes qui ont une coloration rougeâtre ou rosâtre. On a récemment démontré que le lycopène avait entre autres pour effet de réduire le risque de cancer colorectal (Tang et coll., 2008). En outre, on a établi que, en tant qu’agent antioxydant et anti cancer, le lycopène freine la prolifération des cellules cancéreuses dans les cas de cancer colorectal, car il bloque une importante voie de signalisation qui permet la croissance et la reproduction de ces cellules. Plus de 80 % du lycopène consommé provient des produits de la tomate. Les produits transformés (ketchup, pâte de tomates et sauce à spaghetti, etc.) constituent apparemment de meilleures sources que les produits à base de tomates fraîches sur le plan de la biodisponibilité du lycopène. On croit que cela est attribuable à la rupture de la paroi cellulaire qui survient pendant les procédés de transformation, de même qu’à la présence de petites quantités de gras, qui favoriserait cette biodisponibilité (Gartner et coll., 1997). Il n’y a pas d’apport nutritionnel recommandé pour le lycopène.

Extrait de pépins de raisin

Substance végétale, l’extrait de pépins de raisin présente une forte concentration de proanthocyanidines oligomériques, lesquelles protègent les cellules contre l’action des radicaux libres et favorisent la circulation sanguine.

L’extrait de pépins de raisin a également une teneur élevée en polyphénols, des composés antioxydants dont l’action est plus puissante que celle des vitamines C et E, et de la bêta carotène. De nombreuses études publiées signalent les bienfaits pour la santé de l’extrait de pépins de raisin, notamment un effet antioxydant et une incidence favorable sur la santé cardiovasculaire et la santé du système digestif. Par ailleurs, on a découvert récemment que l’extrait de pépins de raisin inhibe la croissance des cellules cancéreuses chez les personnes atteintes de cancer colorectal (Kaur et coll., 2008), un phénomène découlant peut être de l’action exercée par une substance dont on parle abondamment : le resvératrol. Il s’agit d’un polyphénol contenu dans les pépins de raisin. Parmi la longue liste de ses effets bénéfiques possibles, mentionnons qu’il pourrait entraver la croissance des cellules cancéreuses, freiner leur prolifération et entraîner leur mort, ce qui semble être l’une de ses plus remarquables propriétés et pourrait expliquer les effets cliniques de l’extrait de pépins de raisin qu’on a pu observer (Kundu et coll., 2008). Aucune recommandation officielle n’a été formulée quant à l’apport quotidien de cette substance, mais la plupart des chercheurs estiment qu’une quantité de 50 mg à 200 mg par jour convient. Debasis Bagchi, l’un des principaux chercheurs à avoir étudié l’extrait de pépins de raisin, recommande quant à lui un apport quotidien de 50 mg pour les 30 40 ans; de 100 mg pour les 40 50 ans; et de 200 mg pour les plus de 50 ans.

Resvératrol

Le resvératrol est surtout présent dans la peau (enveloppe extérieur) des raisins rouges. On le trouve aussi dans d’autres aliments, notamment les mûres blanches et les arachides. La teneur en resvératrol dans le vin dépend du laps de temps pendant lequel la peau des raisins reste dans le liquide pendant la fermentation. Ainsi, le vin rouge offre une concentration de resvératrol passablement plus élevée que le vin blanc, car la peau est retirée plus rapidement durant la production de ce dernier, ce qui réduit la quantité de resvératrol (Kopp et coll., 1998). Comme il n’est pas fermenté, le jus de raisin ne constitue pas une source importante de resvératrol. Une once liquide (environ 28 grammes) de vin rouge contient en moyenne 160 Mg de resvératrol, comparativement à 73 Mg pour une once d’arachides. Le vin rouge est la principale source alimentaire de resvératrol.

On a accumulé ces dernières années un nombre croissant de données scientifiques probantes établissant un lien entre le resvératrol et plusieurs effets favorables sur la santé, notamment sur la santé mentale et celle du cerveau de même que sur la santé cardiovasculaire. De plus, d’après certaines des recherches les plus récentes, il existerait une corrélation entre le resvératrol et une réduction du risque de cancer colorectal (Anderson et coll., 2006; Isidoro et coll., 2007). Comme aucun apport nutritionnel quotidien n’a encore été officiellement recommandé par un organisme compétent pour le resvératrol, il convient de demander l’avis d’un médecin avant de prendre un supplément de cette substance (ou de tout autre supplément, d’ailleurs). Pour avoir une source de resvératrol, il est donc plus prudent de consommer du vin rouge en quantité modérée (un verre par jour pour les femmes et deux verres par jour pour les hommes).

Coenzyme Q10

Produite naturellement par l’organisme, la coenzyme Q10 (CoQ10) est nécessaire à la croissance des cellules et protège ces dernières contre les dommages qui peuvent causer le cancer. Des études indiquent également qu’elle renforce le système immunitaire et permet une meilleure résistance à certains types d’infection et de cancer, notamment le cancer colorectal (NIH). Selon des rapports non scientifiques (descriptions incomplètes tirées d’historiques médicaux et de bilans de traitement relatifs à des patients), la CoQ10 a contribué à prolonger la vie de personnes atteintes de cancer colorectal. Toutefois, ces personnes avaient également reçu d’autres traitements que celui à la coenzyme CoQ10 (chimiothérapie, radiothérapie ou chirurgie, par exemple). Aucun apport nutritionnel quotidien n’est recommandé pour cette substance, mais certains éminents spécialistes de la nutrition recommandent un apport quotidien de 20 g à 30 g de CoQ10. Il convient néanmoins de demander l’avis d’un médecin à ce sujet.

Vitamine E

Comptant parmi les oligoéléments, la vitamine E exerce une action antioxydant importante. Selon les recherches, non seulement elle améliore la peau, stimule le système immunitaire, protège contre les maladies du cœur et la maladie d’Alzheimer, et freine le vieillissement, mais elle exerce aussi un effet protecteur contre certains cancers, dont le cancer colorectal (Kune et coll., 2006). Il existe huit formes naturelles de vitamine E (quatre tocophérols et quatre tocotriénols), qu’on trouve dans des aliments. Les tocophérols sont surtout présents dans les noix et les huiles végétales, et les tocotriénols, dans l’huile de palme, l’avoine, le seigle, le germe de blé, l’orge et le son de riz. Bien que la famille de la vitamine E compte huit « membres », la plupart des études réalisées à ce jour portent sur l’alpha tocophérol, car c’est la forme la plus abondante dans le plasma et les tissus humains de même que dans les suppléments nutritionnels. Les sept autres types de vitamine E ont reçu peu d’attention pendant de nombreuses d’années. Il faut savoir que les suppléments de vitamine E n’ont pas tous la même composition : plusieurs correspondent à de la vitamine E synthétique et un grand nombre ne contiennent pas tous les types de vitamine E naturelle dont l’organisme a besoin. D’après les chercheurs, lorsqu’on veut prendre des suppléments de vitamine E, il faut s’assurer qu’ils contiennent des tocophérols et des tocotriénols d’origine naturelle (Kune et coll., 2006). Parmi les sources alimentaires de vitamine E, mentionnons les légumes verts à feuilles comme les épinards et la bette à cardes, les céréales enrichies, les huiles végétales, les noix (notamment les amandes), les olives, les bleuets, la papaye et les graines de tournesol. L’apport nutritionnel quotidien de vitamine E recommandé est de 15 mg pour les adultes, de 6 mg à 7 mg pour les enfants, et de 11 mg à 15 mg pour les adolescents (Strand, 2008). Quant aux suppléments de vitamine E (y compris les tocophérols et les tocotriénols), on recommande pour les adultes l’équivalent de 100 UI à 400 UI par jour (Strand 2008).

Vitamine C

La vitamine C est un antioxydant soluble dans l’eau qui s’avère essentiel à la croissance et au développement. Des données épidémiologiques (issues de l’observation de vastes groupes) laissent croire qu’il existe un lien étroit entre une alimentation riche en fruits et légumes à haute teneur en vitamine C, d’une part, et, d’autre part, un risque réduit de cancer, notamment les cancers de la cavité buccale, de l’œsophage, de l’estomac, du poumon et du côlon (Fontham, 1994; Ferraroni et coll., 1994; Levine et coll., 1996). Tous les fruits et légumes contiennent de la vitamine C. Les sources les plus importantes sont les poivrons verts, les agrumes et leur jus, les fraises, les tomates, le brocoli, les feuilles de navet, les légumes verts à feuilles ainsi que les patates douces, les pommes de terre et le melon cantaloup. Cependant, de récents essais cliniques contrôlés ont donné des résultats peu concluants au sujet de l’efficacité des suppléments de vitamine C pour prévenir et traiter le cancer colorectal, résultats qui ont soulevé beaucoup de controverse au sein de la communauté scientifique (Heaney et coll., 2008). Selon ces essais, une quantité aussi réduite que 100 mg de vitamine C peut nuire à l’efficacité de la chimiothérapie. Cette conclusion a suscité des critiques de divers groupes qui prônent l’administration de suppléments de vitamine C durant le traitement du cancer (thérapie orthomoléculaire). L’apport nutritionnel en vitamine C recommandé pour les adultes est de 75 mg par jour en ce qui concerne les femmes, et de 90 mg par jour pour ce qui est des hommes. Ces quantités correspondent à celles nécessaires pour assurer un apport suffisant et contrer toute carence en vitamine C (scorbut). Toutefois, bon nombre d’experts en nutrition estiment qu’il faudrait hausser l’apport quotidien à 1 000 mg. Cependant, il convient de consulter un médecin avant de procéder à une telle hausse.

POIDS ET INDICE DE MASSE CORPORELLE

On a établi un lien clair entre la surcharge pondérale et l’obésité, d’une part, et le risque de cancer colorectal, d’autre part. Il est donc vital d’avoir un poids santé toute sa vie durant afin de prévenir cette maladie (Pasche et coll., 2008; Huxley et coll., 2007). L’obésité est associée à un risque élevé d’adénomes colorectaux (polypes  ou excroissances  à potentiel cancéreux), mais on peut réduire ce risque en perdant du poids (Yamaji et coll., 2008). On pense que le fait d’avoir du poids en trop ou d’être obèse a un effet sur les taux d’hormones et les processus inflammatoires dans l’organisme; et peut favoriser l’apparition d’un cancer. Pour déterminer si l’on a une propension à la surcharge pondérale ou à l’obésité, on peut avoir recours à une équation dont le résultat est appelé « indice de masse corporelle » (IMC). L’IMC représente une mesure de la masse grasse fondée sur la grandeur et le poids. D’après certaines données probantes, plus l’IMC est important, plus le risque de cancer colorectal s’avère élevé. De plus, les personnes qui ont une tendance à l’embonpoint autour de la taille ont plus de risques d’avoir cette maladie. Par ailleurs, à la suite d’une méta analyse (examen et évaluation) de 7 000 études portant sur l’alimentation, l’activité physique et la gestion du poids de même que sur l’incidence de ces facteurs sur le risque lié à 17 types de cancer (dont le cancer colorectal), on a conclu que, pour prévenir le cancer colorectal et d’autres types de cancer, il convient de maintenir un poids santé et un IMC de 18,5 à 25 (World Reseach Cancer Fund).

Formule pour le calcul de l’IMC :

Poids (en livres) / Taille² (en pouces)x 730 = IMC

Un IMC entre 18,5 et 25 est considéré comme indicateur d’un poids santé. Un IMC supérieur à 25 est considéré comme indicateur d’un surplus de poids. Un IMC supérieur à 30 est considéré comme indicateur d’obésité.

EXERCICE

Des études ont montré que les gens qui font régulièrement de un exercice modéré (marche rapide, danse ou patin, par exemple) courent moins de risques d’avoir le cancer colorectal que les personnes inactives (Salz et coll., 2006; Giovannucci et coll., 2006). Ceux qui s’adonnent à des activités physiques plus intenses et plus vigoureuses pendant de longues périodes peuvent même présenter un risque encore plus faible de cancer colorectal. Par activité physique vigoureuse, on entend par exemple la course, la bicyclette et les exercices aérobiques comme la corde à danser. On croit que la réduction du risque de cancer colorectal liée à l’exercice découle en partie du fait que celui ci prévient ou réduit la surcharge pondérale (un facteur de risque associé à ce type de cancer) et régule la production d’hormones. Le côlon est comme une usine de filtration : il recycle les matières que l’organisme peut utiliser et stocke les déchets inutilisables en vue de leur évacuation. Plus ces déchets séjournent longtemps dans le côlon et le rectum, plus ils risquent de libérer des substances toxiques qui peuvent pénétrer dans les tissus. L’exercice physique fait bouger, ce qui facilite le transit des déchets (ou matières fécales) en stimulant le péristaltisme, un mouvement musculaire constitué par une succession de contractions qui assure la propulsion du contenu intestinal. Pour les adultes, on recommande un minimum de 30 minutes par jour d’exercice modéré à vigoureux, trois à cinq jours par semaine, mais il est préférable d’en faire entre 45 et 60 minutes. S’il s’avère trop difficile pour vous de faire de l’exercice de façon structurée, rappelez vous que l’essentiel est de mener une vie active. En règle générale, il n’est pas nécessaire d’aller au gymnase trois à cinq fois par semaine pendant une heure pour réduire le risque de cancer colorectal : on peut y arriver en menant une vie plus active au quotidien. Il existe plusieurs manières d’accroître son activité physique quotidienne : choisir une place de stationnement éloignée; prendre l’escalier; faire du magasinage, des promenades à pied ou le ménage; jouer avec les enfants ou le chien; ou encore se livrer à toute autre activité courante qui entraîne une dépense d’énergie physique. Efforcez vous de trouver une activité physique amusante; elle pourra s’avérer tout aussi bénéfique.

SYNDROME MÉTABOLIQUE

On parle de syndrome métabolique lorsqu’une personne présente à tout le moins les trois affections chroniques courantes qui suivent : hypertension artérielle, diabète et taux de cholestérol élevé. Les gens qui ont ces problèmes de santé courent plus de risques d’avoir le cancer colorectal (Garrow et coll., 2008). L’expression « syndrome métabolique » désigne un ensemble de facteurs de risque liés à la surcharge pondérale et à l’obésité, et associés à une augmentation du risque de maladie du cœur, d’accident vasculaire cérébral (AVC), de diabète et d’autres problèmes de santé importants. La présence d’un seul de ces facteurs, qu’il s’agisse d’hypertension artérielle, d’un taux d’insuline élevé, d’une accumulation excessive de tissus adipeux autour de la taille ou d’un taux de cholestérol anormal, accroît le risque de maladie grave. Les chercheurs pensent qu’en perdant du poids, en mangeant sainement et en faisant régulièrement de l’exercice, on peut réduire le risque de syndrome métabolique. De plus, comme les gens atteints du syndrome métabolique pourraient courir passablement plus de risques d’avoir le cancer colorectal au cours de leur vie que le reste de la population, ils doivent se conformer aux lignes directrices publiées relativement au dépistage de cette maladie (Garrow et coll., 2008).

Des études récentes laissent croire que les symptômes du syndrome métabolique peuvent être atténués grâce à l’adoption d’un mode de vie sain. Il s’agit notamment de consommer des aliments à faible indice glycémique, d’avoir une alimentation pauvre en glucides et de faire de l’exercice physique modéré. À ce chapitre, il est intéressant de mentionner les résultats d’une étude clinique réalisée par le Dr Ray Strand (Strand et coll., 2005), un spécialiste de la médecine nutritionnelle. L’Étude portait sur des personnes atteintes du syndrome métabolique qui ont adopté pour l’occasion un tel régime de vie durant 12 semaines. Elles ont mangé des aliments à faible teneur en glucides pendant toute la durée de l’étude et augmenté progressivement leur activité physique jusqu’à faire 45 minutes d’exercice par jour, cinq jours par semaine, tout en prenant des suppléments nutritionnels. Des changements ont pu être observés chez les sujets : les symptômes du syndrome métabolique ont été inhibés, et la santé cardiovasculaire et métabolique des sujets s’est grandement améliorée. On a aussi constaté d’autres améliorations sur le plan de l’état de santé et de la réduction des risques de maladie, notamment un moindre risque de cancer colorectal. Les graphiques qui suivent illustrent sommairement les changements dans le poids corporel, le cholestérol total, les triglycérides sériques, la tension artérielle systolique, la sensibilité à l’insuline et la concentration d’isoprostane urinaire 8 (qui permet de mesurer le stress oxydatif).

(TRANSLATOR’S NOTE : The following graphics cannot be modified; translations follow AFTER the graphics.)

(TRANSLATION OF THE ABOVE FIGURES)

In all figures :

Baseline = Données de référence
Week 6 = Semaine 6
Week 12 = Semaine 12

Body Weight = Poids corporel
Weight (lbs) = Poids (en lb)

Systolic Blood Pressure = Tension artérielle systolique
Systolic BP (mm Hg) = Tension systolique (mm/Hg)

Total Cholesterol = Cholestérol total
Total Cholesterol (mg.dl) = Cholestérol total (mg/dL)

Insuline Sensitivity Index = Indice de sensibilité à l’insuline (ISI)
ISI Units = Indice

Triglycerides = Triglycérides
Triglycerides (mg/dl) = Triglycérides (mg/dl)

Urinary 8-Isoprostanes = lsoprostanes urinaires 8
8-Isoprostanes (ng/mg Cr) = lsoprostanes 8 (ng/mg Cr)

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On conseille aux gens qui présentent un risque élevé de syndrome métabolique ou ont déjà des symptômes de ce syndrome de faire quotidiennement de l’exercice et de modifier leur régime alimentaire (après avoir consulté leur médecin à ce sujet) afin d’adopter une stratégie efficace pour prévenir le syndrome métabolique ou pour le traiter, car cela peut réduire leur risque de cancer colorectal, mais aussi éviter d’autres maladies dégénératives.

TABAGISME

Le fait de fumer constitue un facteur de risque reconnu en ce qui concerne les cancers qui se développent dans les organes se trouvant directement en contact avec les agents cancérogènes contenus dans la cigarette (par exemple les poumons, l’oropharynx, le larynx et la partie supérieur du tube digestif), mais également dans les organes qui, comme le côlon, sont exposés de façon indirecte aux produits de la dégradation du tabac. Il existe donc un lien important entre le tabagisme et le cancer colorectal (Botteri et coll., 2008). De nombreuses substances toxiques présentes dans la fumée de cigarette peuvent pénétrer dans l’organisme par la salive ou le sang puis s’y propager et atteindre la muqueuse intestinale, où elles risquent d’endommager l’ADN cellulaire et de provoquer la formation d’un cancer. Les gens qui ont cessé de fumer courent plus de risques d’avoir le cancer que ceux qui n’ont jamais touché au tabac, même plusieurs années après l’abandon du tabagisme. Les risques augmentent en fonction du nombre de cigarettes fumées et du laps de temps pendant lequel on s’est adonné au tabagisme (on multiplie le nombre annuel de paquets par le nombre d’années de tabagisme). (Anderson et coll., 2008). Pour réduire le risque de cancer, il vaut certes mieux ne jamais fumer, mais si l’on est fumeur, il convient d’abandonner la cigarette dès que possible.

CONSOMMATION D’ALCOOL

On a démontré qu’une consommation régulière d’alcool en quantité excessive accroît le risque de cancer colorectal (Bongaerts et coll., 2008). Lors de sa métabolisation par l’organisme, l’alcool produit des substances cancérigènes qui peuvent s’accumuler dans l’intestin et endommager l’ADN cellulaire. Ces substances ont la capacité d’annuler l’action de l’acide folique, dont une carence peut augmenter le risque de cancer, comme nous l’avons mentionné précédemment. La consommation d’alcool, quel qu’il soit, peut donc accroître le risque de cancer colorectal. Apparemment, le danger viendrait de l’alcool comme tel et non des autres ingrédients présents dans les boissons alcooliques. Certaines recherches ont indiqué que, paradoxalement, même si l’alcool est associé à une incidence accrue de cancer colorectal, le vin (en particulier le vin rouge) pourrait réduire l’incidence de ce cancer (Anderson et coll., 2005). Selon une étude plus récente, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le type d’alcool consommé et le cancer colorectal. Cela signifie donc que la consommation d’alcool accroît de façon générale le risque de cancer colorectal, peu importe qu’il s’agisse de vin ou de gin tonic (Cho et coll., 2006).

Les résultats des études menées à ce sujet continuent d’appuyer l’hypothèse selon laquelle on doit boire avec modération pour réduire le risque de cancer colorectal. Les hommes devraient donc limiter leur consommation d’alcool à deux verres par jour, et les femmes, à un verre par jour. Un verre équivaut à 12 oz de bière, à 5 oz de vin ou à 1,5 oz de spiritueux (1 once valant environ 28 grammes).

DÉPISTAGE

La meilleure façon de prévenir le cancer colorectal est de se soumettre régulièrement à un dépistage de cette maladie. Comme ce cancer se développe presque toujours à partir de polypes (excroissances non cancéreuses), on peut éviter sa formation en découvrant et en enlevant à un stade précoce tout polype présent dans l’intestin. En fait, dans plus de 90 % des cas, le cancer colorectal peut être évité grâce au dépistage lorsqu’il est découvert à temps. Grâce aux tests de dépistage, on peut déceler la présence de polypes ou d’un cancer avant que ceux ci n’aient atteint une taille suffisante pour entraîner des symptômes. Le dépistage est crucial, car un diagnostic précoce permet de prévenir le cancer ou de le traiter efficacement. Consultez votre médecin pour savoir quel test de dépistage du cancer colorectal convient le mieux dans votre cas.

Voici les tests mis au point pour le dépistage du cancer colorectal : • Recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) et test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (TIRSOS) : Ces tests permettent de déceler dans les selles toute présence de sang qui ne peut être vu à l’œil nu. Le médecin vous remet une trousse et des instructions afin que vous puissiez prélever un échantillon de matières fécales à la maison, puis que vous le lui remettiez afin qu’il soit analysé. En cas de résultat positif, il faut procéder à un examen interne appelé « coloscopie », qui permet de voir l’intérieur de l’intestin. (NB : Certains aliments et médicaments peuvent entraîner un résultat positif à la suite d’une RSOS, même lorsqu’il n’y a pas de sang dans les selles. Il s’agit alors de ce qu’on appelle un « faux positif ». Parmi ces aliments et médicaments, mentionnons certains types de légumes crus, le raifort, la viande rouge, les anti inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène, les anticoagulants, les suppléments de vitamine C et l’aspirine. Par ailleurs, certains problèmes de santé tels que les hémorroïdes peuvent également donner lieu à un résultat faux positif.

Lavement baryté: Avant ce test, on introduit dans le rectum un liquide qui se répand dans tout le côlon et permet d’obtenir des images de l’intestin par radiographie. Le médecin examine sur la radio l’ensemble du côlon interne afin d’y déceler toute anomalie (tâches ou polypes). S’il détecte quelque chose d’anormal, il voudra probablement vous faire passer une coloscopie.

Analyse de l’ADN à partir d’échantillons de matières fécalest: Grâce à ce test, on peut vérifier si les selles contiennent des cellules typiques de cancer du côlon ou de polypes précancéreux. Le médecin vous donne une trousse et des instructions sur la manière de prélever un échantillon de matières fécales. Il peut aussi vous demander de ne pas manger certains aliment et médicaments susceptibles de fausser le résultat du test. En cas de résultat positif, on doit généralement procéder à un examen interne appelé « coloscopie ».

Coloscopie: Avant ce test, on administre un sédatif à la personne afin qu’elle se détende et tombe dans un état de somnolence. Puis, on introduit dans le rectum un mince tube flexible muni d’une caméra vidéo à une extrémité, ce qui permet d’examiner tout l’intérieur du côlon. Tout polype décelé peut également être enlevé à l’aide du tube en question. Soulignons que la coloscopie peut causer de l’inconfort, mais rarement de la douleur.

Coloscopie virtuelle: Ce nouveau test fait appel à un appareil de tomographie assistée par ordinateur qui produit des images du côlon. Le médecin peut ainsi voir simultanément à l’ordinateur toutes les images obtenues et vérifier s’il y a présence de polypes ou de cancer. S’il découvre des polypes ou toute autre anomalie, il faut alors passer une coloscopie conventionnelle afin de permettre un examen plus poussé ainsi que l’ablation des polypes présents.

Sigmoïdoscopie flexible: Au cours de cet examen diagnostique, le médecin introduit dans le rectum un tube mince et flexible muni d’une lumière à une extrémité. Le tube est relié à une petite caméra vidéo qui permet de voir la paroi interne du rectum et de la partie inférieure du côlon (côlon sigmoïde).

L’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC) recommande à tous les Canadiens âgés de 50 ans ou plus de passer un test de dépistage. Certaines personnes qui présentent des facteurs de risque les rendant plus susceptibles d’avoir le cancer colorectal à un jeune âge devraient commencer plus tôt à passer des tests de dépistage. Voici les facteurs de risques en question :

•Antécédents personnels de cancer colorectal ou de polypes
•Antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypes
•Présence de colite ulcéreuse ou de maladie de Crohn
•Syndrome héréditaire lié au cancer colorectal
•Régime alimentaire riche en gras et pauvre en fibres

Les gens dont le risque de cancer colorectal est le plus élevé (c. à-d. ceux qui ont des antécédent familiaux) devraient discuter avec leur médecin au sujet des consignes à suivre en matière de dépistage.

LIENS UTILES

Guide alimentaire canadien http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/food-guide-aliment/view_eatwell_vue_bienmang-fra.pdf  Download Adobe Reader- PDF File Reader - Free

National Institute of Health (NIH) des États Unis bureau responsable des suppléments nutritionnels http://ods.od.nih.gov/index.aspx

Site du Dr Ray Strand, spécialiste de la nutrition www.drraystrand.com

Guide d’activité physique canadien http://www.phac-aspc.gc.ca/pau-uap/condition-physique/pdf/guidefre.pdf  Download Adobe Reader- PDF File Reader - Free

World Cancer Research Fund, Food, Nutrition, Physical Activity and the Prevention of Cancer: A Global Perspective http://www.wcrf-uk.org/research_science/recommendations.lasso

Santé Canada - Guide pour devenir un non fumeur http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/alt_formats/hecs-sesc/pdf/pubs/tobac-tabac/orq-svr/cbns-gdnf-fra.pdf  Download Adobe Reader- PDF File Reader - Free

Association canadienne du cancer colorectal  information sur le dépistage http://www.colorectal-cancer.ca/fr/depistage/depistage-actuel/

Information sur le cancer – site du National Cancer Institute (États-Unis) www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Detection/colorectal-screening

http://www.saineshabitudesdevie.gouv.qc.ca/