Association canadienne du cancer colorectal - ACCC
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L’ACCC a trois buts principaux pour son programme de mobilisation : établir un programme national de dépistage du cancer colorectal basé sur la population, offrir aux patients cancéreux un meilleur accès aux traitements, et soutenir des styles de vie sains.

Un programme national de dépistage du cancer colorectal

Devant la mort d’environ 8 500 hommes et femmes chaque année, les Canadiens devraient être indignés de savoir que la plupart de ces décès auraient pu être évités. Tout autre désastre d’une telle ampleur qui infligerait année après année des pertes équivalentes qu’il serait aussi possible de prévenir aurait certainement incité la population à réclamer une enquête parlementaire. Et les Canadiens seraient descendus dans la rue pour exiger des responsables qu’ils rendent des comptes pour la perte inacceptable de vies humaines et pour tant de souffrances et pour demander qu’on prenne des mesures immédiates. Pouvez-vous imaginer la réaction devant des pertes de cette nature que subiraient nos troupes en Afghanistan chaque mois ou peut-être la perte de plus de deux jumbo jets par mois ?

Le cancer colorectal est très évitable grâce à un dépistage régulier et à une détection précoce. Alors, pourquoi restons-nous muets et pourquoi acceptons-nous ces pertes ? Pourquoi ne faisons-nous pas le dépistage de notre population ? Pourquoi nos ministères provinciaux de la santé n’ont-ils pas créé de programmes semblables à ceux qui existent pour le cancer du sein ou de la prostate ? En 2002, le Comité national sur le dépistage du cancer colorectal (CNDCC), composé d’un panel d’experts et des principaux organismes de l’ensemble du pays, a publié ses recommandations qui réclamaient un dépistage basé sur la population au moins tous les deux ans au moyen de la recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) chez les personnes de 50 à 74 ans. On a estimé que le dépistage par RSOS pourrait réduire de 15 à 33 pour cent le taux de mortalité dû au cancer colorectal. À mesure de l’émergence de la nouvelle technologie, la RSOS pourrait ultimement être remplacée par des tests encore plus efficaces qui réduiraient encore davantage les taux de mortalité. Plusieurs provinces ont fait des études qui sont arrivées à des conclusions analogues. L’Ontario a même mené un projet pilote pour examiner les tests de RSOS dans des régions limitées de la province afin d’apprendre quelle serait la meilleur façon d’implanter un tel programme. Et pourtant aujourd’hui, malgré les milliers de vies qui pourraient avoir été épargnées depuis la publication des recommandations du rapport du CNDCC, pas une seule province a mis sur pied un tel programme.

En 2005, environ 19 600 personnes ont reçu un diagnostic de cancer colorectal au Canada. Si des programmes de dépistage avaient été mis sur pied, nous pourrions avoir permis à des milliers de ces Canadiens d’éviter de contracter un cancer colorectal. Avec une détection et un traitement précoces, le taux de guérison approche les 90 pour cent, mais avec une détection à des étapes plus tardives, le taux de guérison tombe jusqu’aux environs de 10 pour cent.

Jusqu’à maintenant, l’expérience canadienne dans le traitement du cancer colorectal est souvent en retard sur les autres pays du G7 qui ont déjà mis en place des programmes de dépistage précoce et de prévention primaire du cancer colorectal. D’ici à ce que de tels programmes de prévention soient en place, nos gouvernements doivent aux patients un devoir de soins même plus élevé pour faire en sorte qu’ils bénéficient d’un accès égal et opportun au traitement, y compris mais sans s’y limiter, les plus récents médicaments qui constituent la norme de soins dans le traitement de cette maladie. Avec les longues listes d’attente pour voir les omnipraticiens, les gastro-entérologues, les chirurgiens et les radiologues, le manque d’équipement de diagnostic et d’imagerie, une expérience entachée dans le remboursement des thérapies standards et de soutien psychosocial limité, les patients canadiens n’obtiennent pas le standard de soins auquel ils ont droit. Le fait honteux est que, quand il s’agit de cancer colorectal au Canada, nous faisons face à une perte de vie inacceptable et évitable, à des douleurs et des souffrances injustifiables et à une escalation et à un coût financier stupéfiant dans le traitement de la maladie. Le bon sens dicte que des programmes de dépistage jumelés à des programmes de prévention primaire doivent être mis en oeuvre immédiatement pour combattre ces injustices tout en s’attaquant parallèlement aux problèmes urgents dans le traitement des patients.

Un meilleur accès aux traitements

Le traitement du cancer colorectal a évolué rapidement ces dernières années. La première percée s’est produite au début des années 1990, quand les médecins ont découvert un médicament, appelé leucovorin calcium, qui augmentait de façon significative la puissance de combat contre le cancer de la chimiothérapie conventionnelle au Fluorouacil (5FU). Vers 1998, des agents de nouvelle génération comme l’irinotecan (Camptosar) et l’Oxaliplatin (Eloxatin) sont venus s’ajouter à l’arsenal anti-cancer colorectal et une chimiothérapie orale, Xeloda (capcetabine), fit son apparition. Il y a environ deux ans, des « produits biologiques » encore plus nouveaux sont arrivés : contrairement aux médicaments de chimiothérapie standards, les thérapies ciblées comme Avastin (bevacizumab) et Erbitux (cetuxamab) concentrent leur activité sur les facteurs qui encouragent la croissance des tumeurs, sans endommager les cellules saines. (Avastin, par exemple, s’attache à une protéine qui encourage la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, privant ainsi les tumeurs d’éléments nutritifs.) D’autres médicaments comme Eprex (epoetin alfa) aident les patients à demeurer plus longtemps sur leur traitement en maintenant leurs globules rouges à un niveau élevé.

Avec l’intégration de ces médicaments plus récents dans les régimes de traitement pour les patients ayant une maladie métastatique (un cancer qui s’est répandu au-delà du site originel), « Les taux médians de survie ont essentiellement doublé », note le Dr Daniel Rayson, oncologiste médical au QEII Health Sciences Centre d’Halifax. Mais ces thérapies paraissent tenir une promesse encore plus grande dans le traitement adjuvant – la prévention de cancers contractés à un stage antérieur. « Dans les années 1980, vos chances de guérison étaient de 45 pour cent et elles sont maintenant d’environ 70 pour cent », a déclaré le Dr Félix Couture, directeur du service d’hématologie/oncologie au CHUQ/Hôtel-Dieu de Québec, à Québec. « C’est ce que nous avons fait en matière de traitement adjuvant du cancer du côlon. »

Malheureusement, ce ne sont pas tous les Canadiens qui pourraient bénéficier des nouvelles thérapies, qui sont, il faut bien l’admettre, coûteuses, qui peuvent y avoir accès en-dehors des essais cliniques ou de programmes d’accès spéciaux. Certains formulaires provinciaux ne prennent pas la facture pour les nouveaux médicaments, et des obstacles de réglementation ont retardé l’entrée d’autres médicaments sur le marché canadien – deux choses que l’Association canadienne du cancer colorectal essaie de changer. « Ces thérapies ne sont pas pour tout le monde, ou pour toutes les situations », reconnaît le Dr Rayson, « mais quand elles peuvent produire un bénéfice tangible, tout le monde devrait pouvoir y avoir accès de façon équivalente, quel que soit l’endroit où ils vivent ».

Un exemple, celui de l’oxaliplatin (Eloxatin), un médicament utilisé dans le traitement systémique de la maladie, en combinaison avec d’autres médicaments. Bien qu’il soit considéré dans le monde entier comme un traitement standard du cancer colorectal, une question de protection des données a compliqué l’approbation du médicament pour distribution au Canada. En conséquence, le fabricant a subventionné le coût du médicament dans les provinces où les programmes de remboursement des médicaments n’ont pas à le payer. L’Ontario et l’Alberta ont refusé de couvrir le coût du médicament, ce qui laisse le patient à payer pour cette thérapie, au moins en partie.

Les nouvelles thérapie ciblées posent un problème particulier qui a reçu un attention de haut profil de la part des médias. Bien que ces médicaments font partie de la thérapie standard pour la maladie avancée dans beaucoup d’autres pays, les gouvernements provinciaux, inquiets de leurs budgets de médicaments, ont débattu la couverture des médicaments biologiques qui prolongent la vie, comme le bevacizumab (Avastin) et le cetuximab (Erbitux). Le gouvernement de la Saskatchewan, par exemple, dit que ces médicaments sont trop chers et il a refusé d’assumer le coût de l’Avastin.

La position de l’ACCC est très claire. Ces thérapies systémiques concernant la prolongation de la vie de patients dont la maladie est avancée. Si nous appelons le cancer colorectal une maladie chronique, nous devons la traiter comme telle et offrir aux patients des traitements qui permettent une survie à long terme.

Des styles de vie sains

S’il y a de bien nombreuses choses que nous ne comprenons pas concernant le cancer, nous comprenons au moins ceci : un tiers des décès dus au cancer au Canada peut être prévenu avec des choix de styles de vie plus sains.

Mettez-vous y !

Il est facile d’oublier que tout, dans notre vie bourdonnante d’activités, dépend de notre santé physique. Faites de l’exercice une composante inviolable de votre horaire/emploi du temps en bloquant des périodes sur votre calendrier. Rappelez-vous que tout activité physique compte. Si vous ne pouvez pas vous rendre au gymnase quatre fois par semaine, faites une marche énergique autour de votre voisinage chaque soir avec votre conjoint/e ou un/e ami/e. Seulement 150 minutes d’exercice, de modéré à vigoureux, par semaine offre une importante protection contre la maladie.

Choisissez des aliments sains complets

Les styles de vie actifs font qu’il est tentant d’y aller pour des aliments de convenance à haute teneur en gras et faibles en élément nutritifs. Même si nous de connaissons pas encore de quelle façon fonctionnent les mécanismes de lutte contre le cancer contenus dans les aliments, la recherche a prouvé qu’un régime riche en céréales à fibres, en fruits et en légumes – et faible en viande rouge – peut prévenir le cancer et d’autres maladies. (Pour mieux vous protéger, parlez à votre médecin des suppléments de sélénium, d’acide folique, de vitamine D et de calcium.)

Ne fumez pas et buvez de l’alcool avec modération

L’usage du tabac augmente de façon significative le risque du cancer colorectal et d’autres formes de cancer. C’est une addiction difficile à vaincre, mais l’abandon du tabac dans le cadre d’un plan de bien-être couvrant toute la vie peut vous aider à combattre les envies de fumer. Utilisez le temps et l’énergie que vous récupérez à préparer des repas délicieux et sains et pour trouver des activités physiques que vous aimez faire – célébrez votre liberté retrouvée ! La recherche indique aussi que l’usage excessif de l’alcool peut augmenter votre risque de cancer colorectal et d’autres cancers gastro-intestinaux. Les hommes ne devraient pas prendre plus de deux consommations par jour, les femmes, une.

Chacun des choix santé que vous faites améliore vos chances d’éviter la maladie dans le futur tout en jouissant aujourd’hui d’un bien-être vivant.