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Cancer colorectal et maladie inflammatoire de l’intestin

Risque

Bien que les causes du cancer colorectal demeurent généralement inconnues, de nombreux facteurs de risque ont été identifiés permettant de cibler certaines personnes susceptibles de développer un cancer colorectal. Ces facteurs de risques incluent toute cause sous-jacente pouvant accroître le risque de développer cette forme de cancer. On a en effet observé un lien étroit entre les maladies inflammatoires de l’intestin, telles que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn, et l’apparition subséquente du cancer colorectal. Il ne fait aucun doute que la colite ulcéreuse accroît le risque du cancer colorectal7.Au Canada, on estime que quelque 65 000 personnes sont atteintes de colite ulcéreuse, et que 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Le développement du cancer colorectal représente un tiers des décès chez ces patients7. Par ailleurs, le nombre de cas signalés a augmenté considérablement au cours de la dernière décennie3. On dénombre maintenant plus de 100 patients atteints d’un cancer colorectal en association avec une colite ulcéreuse, la maladie de Crohn, une iléocolite ou une entérite régionale3.

Dépistage

Le cancer colorectal a tendance à se déclarer chez les personnes de 50 ans et plus, mais il n’est pas limité à ce groupe d’âge10. Tous les adultes de 50 ans et plus devraient subir un dépistage du cancer colorectal10. La plupart des gens atteints d’un cancer colorectal ne présentent aucun symptôme jusqu’à ce que le cancer évolue et que les symptômes intestinaux apparaissent. Les tests de dépistage peuvent aider à identifier les cancers à un stade précoce où un traitement est possible10. Certains tests peuvent également prévenir le développement du cancer colorectal en identifiant les excroissances précancéreuses appelées polypes, qui peuvent être excisées avant qu’elles ne deviennent malignes.

Puisque le risque de cancer colorectal chez les patients atteints de colite ulcéreuse augmente en parallèle avec la durée et l’étendue de la maladie, le dépistage est essentiel5. Les études semblent indiquer que les patients dont la colite ulcéreuse est diagnostiquée durant l’enfance courent un risque accru de cancer plus tard au cours de leur vie. En général, la prévalence du cancer colorectal chez les patients atteints de colite ulcéreuse est initialement de 3,7 % environ. Or, le risque de cancer colorectal s’accroît plus la maladie perdure; l’incidence de cancer est de 2 % après 10 ans, de 9 % après 20 ans et de 19 % après 30 ans7.

Les raisons expliquant ce risque accru sont très simples. Une période prolongée d’inflammation, peu importe le siège dans exerceorganisme, exerce des effets néfastes. Les personnes aux prises avec une colite ulcéreuse présentent souvent des périodes d’inflammation particulièrement au niveau du gros intestin, qui peut s’avérer plus grave en l’absence de traitement. L’inflammation du gros intestin, à la longue, augmente le risque de cancer colorectal.

Bien qu’il soit généralement accepté que le risque de cancer colorectal chez les patients atteints de colite ulcéreuse soit accru comparativement à la population générale, il en demeure néanmoins important de gérer ce risque accru5. Les patients atteints de colite ulcéreuse subissent habituellement une colonoscopie à intervalles de 1 à 3 ans2. Durant ces interventions, des échantillons sont prélevés à chaque 10 cm tout le long du côlon; si l’analyse de ces échantillons révèle une anomalie, la chirurgie visant à retirer le rectum et une partie ou l’ensemble du côlon est envisagée.

Comme dans la plupart des cancers, plus la tumeur est détectée tôt, meilleures sont vos chances de survie.

Si vous êtes aux prises avec une colite ulcéreuse, discutez avec votre gastroentérologue de votre risque de développer un cancer colorectal. Ensemble, vous pouvez décider quel test de dépistage vous convient le mieux. Il est essentiel que l’on reconnaisse l’importance du dépistage du cancer colorectal. Le dépistage précoce sauve des vies.

Adhérence

Les personnes atteintes de colite ulcéreuse chronique présentent un risque accru de développer un cancer colorectal, lequel augmente parallèlement avec la durée et l’étendue de la maladie1.Étant donné que la colite ulcéreuse est une affection chronique, on ne peut limiter la durée de la maladie. Cependant, il existe des mesures préventives pour maîtriser l’étendue de la maladie.

Pour les patients souffrant d’une maladie chronique à vie comme la colite ulcéreuse, il est difficile d’adhérer strictement à des schémas thérapeutiques complexes, ce qui fait que les patients n’observent souvent pas leur traitement ou qu’ils ne prennent pas leur médicament comme prescrit. Des études ont démontré que plus le nombre de pilules est élevé, et plus la fréquence de la posologie est élevée (le nombre de fois par jour que le patient doit prendre son médicament), moins le patient est susceptible d’adhérer strictement à son schéma thérapeutique. Deux sondages nord-américains réalisés sur Internet11auprès de 451 patients atteints de colite ulcéreuse et de 300 gastroentérologues ont mis en évidence la difficulté d’adhérer au traitement médicamenteux de la colite ulcéreuse. Les patients comme les gastroentérologues ont rapporté que la gestion du traitement médicamenteux de la colite ulcéreuse occasionne des problèmes pour les patients (49 % et 41 %, respectivement), et qu’il est difficile pour les patients de prendre leur médicament comme prescrit tous les jours (42 %et 90 %, respectivement). Cette difficulté est d’autant plus attestée par le fait que 46 % des patients ont avoué ne pas avoir pris du tout leur médicament au cours de la semaine précédente11.

L’inflammation accrue est essentiellement le résultat d’un cercle vicieux. Plus le traitement est complexe, moins le patient est susceptible de prendre son médicament conformément aux directives de son gastroentérologue. Moins le patient adhère à son traitement, moins le médicament agit comme il le devrait. Moins le médicament est efficace, plus le risque d’inflammation du côlon est élevé, augmentant ainsi le risque de cancer colorectal.

Or, il est facile de mettre fin à ce cercle vicieux; il suffit de prendre ses médicaments selon les directives du médecin, et d’adhérer à son schéma thérapeutique. En adhérant à son traitement, le patient est plus susceptible de réduire l’inflammation dans son côlon. Il faut toutefois noter que les résultats produits par chaque traitement médicamenteux varient d’une personne à l’autre.

Si vous croyez avoir de la difficulté à adhérer à votre schéma thérapeutique prescrit par votre médecin, parlez-en à votre gastroentérologue afin de trouver un médicament qui convient à votre mode de vie, ou qui vous est plus simple à prendre.

En fin de compte, plus votre traitement médicamenteux est facile à se souvenir, plus il est probable que vous le prendrez correctement.

Mesurespréventives

La prévention du cancer est une mesure visant à réduire le risque de développer un cancer9. En prévenant le cancer, on peut réduire le nombre de nouveaux cas de cancer dans un groupe ou une population9.Ceci peut, on l’espère, diminuer le nombre de décès dus au cancer9. Pour prévenir l’apparition de nouveaux cancers, les chercheurs étudient les facteurs de risque et de protection9. Tout ce qui accroît le risque de développer un cancer s’appelle facteur de risque de cancer; tout ce qui diminue le risque de développer un cancer s’appelle facteur de protection9. Par exemple, les facteurs de protection dans le cancer colorectal, outre l’adhérence au traitement, incluent l’activité physique régulière, le maintien d’un poids santé et l’adoption d’une saine alimentation9.Ces choix de mode de vie favorisent une vie saine. Les mesures préventives peuvent inclure, entre autres, l’arrêt du tabagisme, la consommation modérée d’alcool et les examens de dépistage continus9. La prise régulière du 5-AAS s’est également avérée prévenir l’apparition du cancer colorectal. Une analyse récente de neuf études regroupant 1932 patients atteints de colite ulcéreuse a démontré une réduction de 49 % du risque d’apparition du cancer colorectal avec la prise régulière du 5-AAS12.À part le fait que la prise régulière du 5-AAS prévient de longues périodes d’inflammation dans le côlon, on croit que le 5-AAS entrave plusieurs aspects du développement du cancer, augmentant ainsi sa capacité protectrice contre le cancer colorectal12. Éviter les facteurs de risque et augmenter les facteurs de protection peut réduire le risque de cancer, mais cela ne veut toutefois pas dire que vous ne développerez pas un cancer9.

(1)Lashner BA. Recommendations for colorectal cancer screening in ulcerative colitis: A review of research from a single university-based surveillance program. Am J Gastroenterol 1992; 87:168-175.

(2)http://my.clevelandclinic.org/disorders/Ulcerative_Colitis/hic_Colon_Cancer_Surveillance_in_Patients_with_Ulcerative_Colitis.aspx (3) Greenstein A, Sachar D, Pucillo A, et al. Cancer in universal and left sided ulcerative colitis: Clinical and pathologic features. MtSinai J Med 1981; 46:25-32. (4) Gyde SN, Prior P, Allan RN, et al. Colorectal cancer in ulcerative colitis: A cohort study of primary referrals from three centres. Gut 1988; 29:206-217. (5) Lashner BA, Hanauer SB, Silverstein MD. Optimal timing of colonoscopy to screen for cancer in ulcerative colitis. Ann Intern Med 1988; 108:274-278. (6) Ekbom A, Helmick C, Zack M, et al. Ulcerative colitis and colorectal cancer. A population-based study. N Engl J Med 1990; 323:1228-1233.