Association canadienne du cancer colorectal - ACCC
Accueil

Les faits > FAQ sur le cancer colorectal  

Notre nouveau guide sur le cancer colorectal est maintenant disponible.

L’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC) a contribué à l’élaboration d’un nouveau manuel de référence et d’accompagnement à l’intention des personnes atteintes de cancer colorectal.

Télécharger le guide (En Anglais)  Download Adobe Reader- PDF File Reader - Free

Questions fréquentes concernant le cancer colorectal

Nous présentons ci-dessous, par sujet, les questions fréquemment posées relativement au cancer colorectal.

Sujets

I. Risques II. Symptômes III. Dépistage IV. Polypes V. Prévention VI. Traitement VII. Autres

I. RISQUES

• Qui peut avoir le cancer colorectal ?

Tout le monde peut avoir le cancer colorectal. Au Canada, cette maladie occupe le troisième rang des cancers les plus fréquemment diagnostiqués et constitue la deuxième cause de décès par cancer, après le cancer du poumon. Tous les ans, chez nous, près de 22 000 personnes apprennent qu’elles ont le cancer colorectal, et environ 9 100 personnes en meurent. Lorsqu’on examine la prévalence de cette maladie chez les hommes et chez les femmes, on constate qu’elle est la troisième cause de décès par cancer chez les deux groupes.

• Est-ce que les intolérances alimentaires (au lactose, par exemple) entraînent un risque élevé de cancer du côlon ou du rectum ?

On dispose de très peu de données objectives indiquant que la consommation de produits contenant du lactose ou que l’intolérance au lactose sont des facteurs de risque en ce qui a trait au cancer colorectal. Toutefois, la documentation récente sur le sujet donne à penser que l’absorption de probiotiques est bonne pour la santé et que la consommation de produits laitiers peut modifier la flore intestinale de telle sorte que le risque de cancer colorectal s’en trouve réduit.

• Y a t il une corrélation entre la longueur du côlon et le risque de cancer colorectal ?

Non, il n’existe aucune corrélation connue à cet égard. Le cancer colorectal est à tout le moins aussi courant chez les hommes que chez les femmes, même si ces dernières ont généralement un côlon plus long.

• Y a t il un lien entre le cancer de l’estomac et le cancer colorectal cancer ?

Il n’y a pas de lien entre le cancer de l’estomac (ou cancer gastrique) et le cancer colorectal, sauf chez les personnes atteintes du cancer colique héréditaire sans polypose. Les personnes atteintes de cette maladie génétique rare ont un risque élevé d’avoir le cancer colorectal et d’autres types de cancer, notamment celui de l’estomac, et ce, à un jeune âge. De plus, les gens qui ont de nombreux antécédents familiaux de cancer colorectal (ou cancer du côlon) ou de cancer de l’endomètre (utérus) courent un grand risque d’avoir cette maladie et devraient passer un test génétique ou une coloscopie, ou encore les deux. On parle d’antécédents familiaux lorsque trois membres de la famille ou plus, répartis sur au moins deux générations, ont ou ont eu la maladie et qu’au moins l’un d’entre eux a reçu son diagnostic avant l’âge de 50 ans. Par ailleurs, les personnes atteintes de polyposie colique familiale présentent également un risque élevé de cancer de l’estomac ou de cancer gastrique. Toutefois, il ne faut pas confondre antécédents de cancer gastrique et antécédents de cancer colorectal.

• Le syndrome du côlon irritable est-il un facteur qui accroît le risque de cancer colorectal ? Le syndrome du colon irritable (SCI) est un trouble fonctionnel du gros intestin habituellement caractérisé par une alternance de diarrhée et selles molles, et de constipation. Il s’accompagne parfois de crampes et de douleurs abdominales. Cependant, on ne le considère pas comme un facteur de risque en ce qui concerne le cancer colorectal. Cependant, bien que les personnes atteintes du SCI aient une espérance de vie normale, elles devraient suivre les recommandations formulées à leur intention dans les lignes directrices en matière de dépistage. Si vous avez le SCI et que vous notez un changement dans vos symptômes ou encore si vous voyez du sang dans vos selles, parlez en à votre médecin ou à un gastroentérologue.

• Les jeunes peuvent ils avoir le cancer colorectal ?

En règle générale, le cancer colorectal est très rare chez les jeunes de moins de 30 ans qui n’ont pas d’antécédents familiaux. Cependant, deux maladies héréditaires bien connues sont susceptibles de provoquer le développement d’un cancer chez un jeune. La première est la polypose adénomateuse familiale rectocolique (PAFR), une maladie rare caractérisée par la formation dans le côlon et le rectum de centaines, voire de milliers de polypes précancéreux. Toute personne atteinte de cette maladie qui ne se fait pas enlever le côlon aura le cancer colorectal (généralement avant l’âge de 30 ans). La PAFR est transmise directement par un parent atteint (transmission autosomique dominante), et l’âge moyen pour l’apparition des polypes se situe généralement au milieu de l’adolescence.

Lorsque la PAFR est présente dans une famille, on peut faire passer au membre atteint et à ses enfants (qui sont à risque) un test de dépistage pour vérifier s’il y a mutation génétique. En ce qui concerne les enfants qui ne peuvent se soumettre à ce genre de test génétique, on peut commencer à leur faire passer lorsqu’ils ont 10 ou 12 ans (et ce, tous les 6 à 12 mois environ) une sigmoïdoscopie ou coloscopie afin de déceler la présence de polypes. Chez les sujets où les polypes ont commencé à proliférer, on doit procéder à une chirurgie. La bonne nouvelle, c’est que les perspectives à cet égard sont très bonnes et qu’on peut enlever le côlon à l’aide d’une technique par laparoscopie appelée « colectomie », à la suite de laquelle les segments restants de l’intestin sont joints l’un à l’autre, ce qui évite d’avoir à porter une poche externe, la personne opérée pouvant aller à la selle normalement après cette intervention.

La seconde maladie héréditaire en question est le cancer colique héréditaire sans polypose (CCHP). Chez les gens qui en sont atteints, un cancer risque de se développer à un jeune âge, à partir polypes. La maladie peut également apparaître à un âge plus avancé. Le test de dépistage recommandé pour les enfants à risque (famille où la CCHP est présente) est la coloscopie, et on doit commencer à en passer à l’âge de 25 ans, le test devant être répété tous les deux ans. Des tests génétiques peuvent aussi s’avérer utiles.

Comme on peut le constater, les enfants appartenant à une famille où le risque de cancer colorectal est élevé font l’objet recommandations particulières. Cependant, il faut connaître la maladie héréditaire en cause pour pouvoir faire des choix éclairés. Il est important que les enfants de familles présentant des cas de PAFR ou de CCHP soient suivis par un spécialiste de ces maladies, et ce, dans un établissement où des services de consultation génétique et des tests de même nature sont offerts.

Il arrive par ailleurs, quoique très rarement, qu’un cas isolé (« sporadique ») de cancer colorectal survienne dans une famille où ni la PAFR ni le CCHP n’est présente, et chez un jeune, de surcroît. On sait que, même s’ils ne sont pas atteints d’une de ces deux maladies héréditaires, les enfants dont l’un des parents a eu le cancer colorectal à un âge précoce présentent un risque élevé d’avoir ce même cancer à un jeune âge. Les gens qui font partie d’une famille à risque doivent donc préciser, lorsqu’ils discutent de dépistage avec leur médecin, à quel âge le membre atteint dans leur famille a eu ses premiers polypes ou encore le cancer.

• La présence d’une maladie telle que la colite ulcéreuse accroît elle le risque de cancer colorectal ? Oui. La colite ulcéreuse entraîne une détérioration de la muqueuse intestinale en raison de l’inflammation chronique qu’elle engendre. Elle est donc associée à un risque accru de cancer colorectal.

II. SYMPTÔMES

• Quels sont les premiers symptômes du cancer colorectal ? On a établi une corrélation entre le cancer colorectal et les symptômes suivants : présence de sang dans les selles, selles plus étroites qu’à l’habitude, douleurs abdominales inexpliquées, changement dans les selles sans raison apparente, anémie ou perte de poids inexpliquée. Il faut cependant se rappeler que le cancer colorectal n’entraîne parfois aucun symptôme, c’est pourquoi le dépistage précoce est important.

• Peut on avoir du sang dans les selles sans avoir le cancer colorectal ?

Oui ! La plupart des gens qui ont du sang dans les selles n’ont pas le cancer colorectal. Il n’y a donc pas de raison de remettre à plus tard le dépistage. Les causes les plus courantes des saignements rectaux sont la présence d’hémorroïdes ou de fissures (lésions) anales, qui se traitent facilement. Parmi les causes moins fréquentes, on trouve les infections intestinales (diarrhée d’origine infectieuse), les maladies intestinales inflammatoires (colite ulcéreuse ou maladie de Crohn), la diverticulose de l’intestin ou les anomalies vasculaires. On peut également avoir du sang dans les selles en raison de problèmes d’estomac ou de l’intestin grêle (ulcères, angiodysplasie ou maladie de Crohn de l’intestin grêle). Quoi qu’il en soit, il n’est jamais normal d’avoir du sang dans les selles ou des saignements rectaux, et ce sont là des problèmes qu’il ne faut pas négliger, car certaines de leurs causes possibles sont graves. Mentionnez tout saignement rectal et toute présence de sang dans vos selles à votre médecin. Il décidera peut-être de vous faire passer une coloscopie afin de déterminer avec exactitude la cause de votre problème.

• L’occlusion intestinale est-elle un symptôme précoce de cancer colorectal ?

En tant que symptôme du cancer colorectal, l’occlusion intestinale (arrêt du transit des matières fécales et des gaz dans l’intestin) se produit seulement lorsque la maladie a atteint un stade avancé, quand la tumeur est si grosse qu’elle bloque le passage des selles. Dans un tel cas, il faut souvent procéder d’urgence à une chirurgie pour régler le problème. Cependant, grâce à la coloscopie, on peut déceler les tumeurs bien avant qu’elles ne causent des symptômes plus mineurs et bien sûr des complications graves comme l’occlusion intestinale. Cette dernière peut par ailleurs indiquer d’autres problèmes tels que des tissus cicatriciels ou un rétrécissement de l’intestin, dont les causes possibles sont nombreuses.

• Une masse palpable à l’abdomen est-elle un symptôme de cancer colorectal ? Est-ce que seule la présence d’un polype dans l’intestin permet un diagnostic de cancer colorectal, ce dernier ne causant aucune sensation ?

Une masse abdominale palpable peut être un symptôme de colorectal cancer, mais en générale, elle est associée à d’autres maladies. Dans la plupart des cas, les personnes atteintes de cancer colorectal ne peuvent rien sentir en se palpant l’abdomen. Il faut consulter un médecin, qui vous examinera et émettra un avis médical. Les polypes qui se forment dans le colon ne peuvent pas être palpés de l’extérieur. On peut les découvrir grâce à diverses examens : la sigmoïdoscopie, qui permet d’explorer seulement une partie du côlon ; la coloscopie, au moyen de laquelle on visualise tout le côlon ; ou encore la colonographie ou coloscopie virtuelle par tomodensitométrie, qui fait appel aux rayons X.

III. DÉPISTAGE

Qui devrait se soumettre au dépistage du cancer colorectal ?

De façon générale, on doit commencer à passer des tests de dépistage du cancer colorectal à partir de 50 ans, mais les personnes à risque devraient commencer plus tôt et discuter de dépistage avec un gastroentérologue afin de déterminer ce qui convient le mieux dans leur cas. Le cancer colorectal se développe presque toujours à partir de polypes précancéreux (excroissances anormales) qui se forment dans le côlon ou le rectum. Grâce aux tests de dépistage, on peut déceler les polypes, puis les enlever avant qu’ils ne deviennent cancéreux. Ces tests permettent également de diagnostiquer le cancer à un stade précoce, quand il est plus facile de le traiter et que les chances de guérison sont très bonnes. Le fait de passer régulièrement des tests de dépistage à partir de 50 ans pourrait vous sauver la vie. Les médecins recommandent souvent aux personnes dont l’un des deux parents (ou un autre membre de la famille) a eu des polypes dans le côlon ou le cancer colorectal à un jeune âge de commencer le dépistage plus tôt, car ces personnes courent un grand risque d’avoir ces mêmes problèmes à un âge précoce. Si c’est votre cas, votre médecin recommandera peut être de commencer à passer des tests à partir de 40 ans ou encore 10 ans avant l’âge auquel la maladie s’est manifestée chez la personne atteinte au sein de votre famille. Vous devez donc préciser à votre médecin non seulement qui dans votre famille a eu des polypes ou le cancer colorectal, mais aussi à quel âge le problème s’est manifesté.

• Quel est le meilleur test de dépistage du cancer colorectal ?

On considère que la coloscopie est « la norme » en matière de dépistage du cancer colorectal. C’est la seule méthode qui permet de déceler tous les polypes – petits et gros – et d’en faire l’ablation sur le champ. La colonographie par tomodensitométrie (ou coloscopie virtuelle) reste une possibilité, mais elle n’est pas encore approuvée à titre de test de dépistage du cancer colorectal. Même si elle reçoit cette approbation, il faudra se rappeler qu’elle ne permet pas toujours de voir les petites lésions ni les masses sessiles (sans protubérance). De plus, en cas d’anomalie, on devra faire une coloscopie pour confirmer de quoi il s’agit ou pour procéder à l’ablation, s’il s’agit d’un polype. Il existe de nouvelles techniques, notamment des analyses visant à déceler toute anomalie de l’ADN dans les selles ainsi qu’une méthode combinant la sigmoïdoscopie et le lavement baryté, qui est recommandée quand la coloscopie n’est pas accessible. Cependant, la seule technique qui permet l’ablation immédiate des polypes reste la coloscopie.

• Les tests de dépistage du cancer colorectal peuvent ils être effectués par un omnipraticien ou doivent ils être réalisés par un gastroentérologue ou un autre spécialiste ?

Comme nous l’avons vu, il existe plusieurs tests de dépistage du cancer colorectal. La trousse à emporter chez soi pour la recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) est généralement fournie par les médecins généralistes (omnipraticiens), les échantillons de selles étant ensuite envoyés au laboratoire à des fins d’analyse. La sigmoïdoscopie à sonde souple permet d’examiner le tiers inférieur du côlon à l’aide d’un endoscope et certains omnipraticiens la pratiquent, mais pas tous. Constituant une exploration plus poussée de tous le côlon au moyen d’un endoscope, la coloscopie est généralement réalisée par un gastroentérologue ou un autre spécialiste du domaine. La plupart des organisations professionnelles concernées considèrent la coloscopie comme la norme en matière de dépistage cancer colorectal.

• Peut on utiliser la tomographie par émission de positons plutôt que la coloscopie pour le dépistage du cancer colorectal ?

La tomographie par émission de positons en est encore à l’étape de la mise au point en tant que test de dépistage visant à déceler les tumeurs gastrointestinales ou à déterminer le stade du cancer ; elle ne remplace pas la coloscopie comme méthode pour diagnostiquer le cancer colorectal.

IV. POLYPES

• Qu’est ce qu’un polype « précancéreux » exactement ? L’ablation d’un polype nous met elle hors de danger ?

Le terme « polype précancéreux » peut avoir deux sens. L’un d’eux fait référence à une mutation des cellules qui tapissent la muqueuse intestinale, lesquelles deviennent anormales et donnent lieu au cancer colorectal. Au cours de ce processus, il y a d’abord formation de polypes, dont les cellules deviennent atypiques ou dysplasiques. Ensuite, on arrive au premier stade du cancer, qui se limite alors aux polypes. Enfin, le cancer colorectal devient envahissant et se propage. Certains qualifient de « pré cancéreux » tous les polypes qui se forment avant l’apparition du cancer. L’autre sens renvoie à une classification des polypes selon leur potentiel de malignité. Il y a deux grandes catégories, qui correspondent aux types de polypes les plus couramment mis au jour par le dépistage : les polypes adénomateux et les polypes hyperplasiques. Parfois appelés « polypes précancéreux », les premiers sont associés à un risqué élevé de cancer colorectal. Cette catégorie englobe les adénomes villeux ou tubulovilleux, les adénomes tubuleux, les adénomes dentelés (ou festonnés) ainsi que les polyadénomes. De leur côté, les polypes hyperplasiques ne sont pas associés à un risque accru de cancer colorectal. Bon nombre de médecins recommandent une coloscopie pour examiner le reste de l’intestin lorsqu’ils découvrent un ou plusieurs polypes adénomateux lors d’une sigmoïdoscopie. Il est vrai qu’on peut prévenir l’apparition d’un cancer en enlevant un polype bénin (non cancéreux). Cependant, d’autres polypes peuvent se former ailleurs dans l’intestin et devenir cancéreux. Il est donc indiqué de faire un suivi étroit après l’ablation d’un polype.

• Qu’est ce qui cause la formation de polypes ?

On ne connaît pas exactement les facteurs qui peuvent causer la formation de polypes, mais il semble que l’hérédité et le mode de vie pourraient être en cause. En effet, certains facteurs génétiques peuvent créer une prédisposition, tandis que le régime alimentaire et d’autres aspects du style de vie peuvent être déterminants et faire en sorte que certaines personnes à risque aient des polypes (et éventuellement, le cancer). Une alimentation riche en gras et pauvre en fruits et légumes peut accroître le risque de polypes, tout comme le tabagisme, la sédentarité et l’obésité.

• Comment prévenir la formation de polypes ?

Très peu d’études ont mené à la conclusion que la modification du style de vie entraîne un importante réduction du risque de polypes intestinaux ou de cancer colorectal. Toutefois, on peut certainement améliorer son état de santé général en consommant moins de graisses alimentaires et plus de fibres ainsi qu’en absorbant suffisamment de vitamines et de micronutriments, et en faisant de l’exercice. En outre, des recherches ont montré qu’un apport suffisant en calcium pourrait réduire le risque de polypes.

• Est-ce que je serai hors de danger si je me fais enlever un polype ?

L’ablation d’un polype bénin prévient le développement d’un cancer à l’endroit où le polype s’était logé, mais d’autres polypes risquent de se former ailleurs dans l’intestin et devenir cancéreux. Un suivi médical étroit comportant des coloscopies répétées à intervalles fixes est donc indiqué dans un tel cas. Si vous changez de médecin après vous être fait enlever un polype, veillez à informer votre nouveau médecin de cette intervention. Vous devrez probablement passer des coloscopies à une fréquence plus rapprochée que celle recommandée pour le public en général.

• Est ce que les polypes peuvent se résorber d’eux mêmes ou « tomber » sans qu’on les enlève ?

La croissance des polypes est lente. D’après certaines études, la taille des polypes de 10 millimètres ou moins reste stable pendant trois ans. Cependant, un polype (quand il s’agit bien de cela) ne « tombe » jamais de lui même et ne se résorbe pas seul. En ne le faisant pas enlever ou en ne passant pas de coloscopies de suivi, on risque de permettre le développement d’un cancer.

• Peut on avoir le cancer du côlon ou du rectum sans avoir de polypes ?

Le cancer colorectal peut se développer en l’absence de polypes, mais on estime que c’est rare. Les personnes atteintes d’une maladie intestinale inflammatoire chronique telle que la colite ulcéreuse ou la maladie Crohn courent un risque élevé d’avoir le cancer colorectal sans avoir eu de polypes.

Toutefois, les cas de cancer colorectal liés à la présence d’une maladie intestinale inflammatoire représentent moins de 1 % de tous les cancers colorectaux diagnostiqués chaque année. Certains rapports donnent à penser que de petites tumeurs colorectales peuvent se développer à même une masse plate de tissus sains ou adénomateux (précancéreux). Ce type de cancer colorectal fait cependant exception à la règle et son développement peut venir de ce que la masse formée avant l’apparition du cancer n’a pu être détectée en raison de sa petite taille. Quoi qu’il en soit, dans la majorité des cas, le cancer colorectal fait suite à des polypes adénomateux (précancéreux).

• Est-ce que la présence d’un polype signifie nécessairement que j’aurai le cancer colorectal ?

Les polypes sont des excroissances bénignes (non cancéreuses) qui se forment sur les parois internes du côlon ou du rectum. Ils sont assez courants chez les gens de plus de 50 ans. Certains types de polypes font augmenter le risque de cancer colorectal, mais tous les polypes ne deviennent pas nécessairement cancéreux. Cependant, le cancer colorectal se développe toujours à partir de polypes.

V. PRÉVENTION

• Quels aliments ou quelle alimentation recommande-t-on pour prévenir le cancer colorectal ? Certains aliments peuvent-ils causer ce cancer ?

Aucun aliment ne cause comme tel le cancer colorectal. Toutefois, des études visant diverses populations ont mis au jour des facteurs susceptibles d’influer sur le risque de cancer colorectal ou de polypes. Il semble en effet que, dans les pays où l’on consomme plus de viande rouge ou de gras animal (d’origine non laitière), par exemple les États Unis et le Canada, le taux de cancer colorectal est supérieur à celui observé dans des pays comme le Japon ou le Nigéria, où la consommation de viande rouge et de gras animal est moindre. De la même façon, on a établi une corrélation entre un faible taux de cancer colorectal et un apport élevé en fibres. Bien que des études récentes aient mis en doute ce lien, on recommande en général une alimentation riche en fibres végétales et pauvre en gras ainsi qu’une consommation modérée à faible de viande rouge. Enfin, le calcium et, peut-être, l’acide folique semblent avoir un effet protecteur sur le côlon. De nombreuses questions à ce sujet restent sans réponse. Toutefois, peu importe votre régime alimentaire, demandez à votre médecin quel est le meilleur test de dépistage pour déceler les polypes et le cancer à un stade précoce.

• Le thé vert peut-il prévenir le cancer colorectal ?

On sait que les légumes verts, riches en antioxydants comme les vitamines C et E et la bêta-carotène, de même qu’en fibres alimentaires protègent dans une certaine mesure du cancer colorectal. Par ailleurs, la catéchine et les polyphénols contenus dans le thé peuvent exercer un effet inhibiteur à cet égard. Le jus de raisins peut également avoir un tel effet. Cependant, des essais cliniques sont nécessaires pour déterminer l’efficacité véritable de ces substances dans la prévention du cancer colorectal. De plus, il faut être prudent vis à vis des suppléments alimentaires vendus sans ordonnance qui sont censés réduire le risque de cancer colorectal (ou de tout autre cancer). Si vous prenez de tels suppléments dans le but de réduire votre risque d’avoir le cancer, informez-en votre médecin afin qu’il puisse s’assurer que ces produits conviennent dans votre cas.

• Les fibres protègent-elles du cancer colorectal ?

La question de savoir si les fibres jouent un rôle protecteur et aident à prévenir le cancer colorectal soulève beaucoup de controverse. Les premières études réalisées à ce sujet laissaient croire à un effet protecteur des fibres, mais des études plus récentes et davantage publicisées n’indiquent aucun effet de ce genre. En attendant que des recherches plus poussées soient menées afin de trancher cette question, une alimentation riche en fibres demeure recommandée pour sa valeur nutritive globale et parce qu’elle favorise la régularité intestinale. De pus, les fibres sont indiquées pour les personnes atteintes de diabète, de troubles cardiaques, d’hypertension et de divers autres problèmes de santé.

• Est-il bénéfique de prendre une aspirine par jour ?

Selon certaines données, les gens qui prennent régulièrement de l’aspirine ou un autre anti-inflammatoire non stéroïdien comme l’ibuprofène ou le naproxène pourraient ainsi réduire leur risque de cancer colorectal. Il faut toutefois rappeler que ces médicaments provoquent également des effets secondaires tels que des ulcères et une inflammation de l’estomac. Il se peut donc qu’en prenant de l’aspirine pour vous éviter les problèmes cardiaques à la suite d’une prescription de votre médecin, vous réduisiez du même coup votre risque de cancer colorectal. Cependant, si votre médecin ne vous a pas prescrit de l’aspirine, ne commencez pas à en prendre sans le consulter, car ce n’est peut-être pas indiqué dans votre cas.

VI. TRAITEMENTS

• Quels sont les nouveaux médicaments utilisés par les médecins pour traiter le cancer colorectal ?

Des études récentes montrent que les personnes atteintes d’un cancer colorectal de stade IV qui prennent de l’Avastin (bevacizumab) conjugué à une chimiothérapie conventionnelle affichent un taux de survie plus élevé que celles qui ne prennent pas ce médicament. Il en va de même pour les personnes atteintes de cancer colorectal qui prennent de l’Erbitux (cetuximab). En outre, les scientifiques travaillent à la mise au point de nouveaux vaccins et d’anticorps monoclonaux susceptibles de renforcer le système immunitaire des personnes atteintes. Les anticorps monoclonaux sont un type d’anticorps spécifiques qui sont produits en laboratoire par des chercheurs et qui ciblent les cellules cancéreuses, peu importe où elles se trouvent dans l’organisme, afin de réduire les tumeurs.

• Quels sont les principaux effets secondaires des traitements contre le colorectal cancer ?

Dans le cas de la chirurgie, les principaux effets secondaires (qui sont de courte durée) sont la douleur et une sensibilité dans la région visée. En ce qui concerne la chimiothérapie, les effets secondaires dépendent du médicament utilisé et de la dose administrée. Toutefois, les plus courants comprennent des nausées, des vomissements et la chute des cheveux. Pour ce qui est de la radiothérapie, on trouve comme effets secondaires les plus fréquents la fatigue, une perte d’appétit, des nausées et, parfois, de la diarrhée. Mentionnons cependant que bon nombre de nouveaux médicaments utilisés pour la chimiothérapie provoquent beaucoup moins de nausées.

• Certains traitements font ils appel au système immunitaire pour lutter contre le cancer colorectal ?

Oui. L’un de ces traitements, appelé « biothérapie », renforce la capacité du système immunitaire à combattre le cancer. On utilise des substances naturellement produites par l’organisme ou fabriquées en laboratoire pour stimuler, rétablir ou détourner de leur rôle habituel les défenses naturelles du corps contre la maladie.

• Existe-t-il des médicaments qui peuvent aider à prévenir le cancer colorectal ?

Les scientifiques réalisent des recherches sur la chimioprévention ou la chimioprophylaxie, c’est à dire l’utilisation de médicaments (substances chimiques) pour prévenir le cancer. Par exemple, des chercheurs ont découvert que les anti inflammatoires peuvent éviter la formation de tumeurs dans l’intestin. Cependant, ils ont aussi observé que ces produits entraînaient de nombreux effets secondaires, alors ils font preuve de prudence dans leurs conclusions.

• Y a-t-il des possibilités pour les personnes atteintes de cancer colorectal qui ont essayé tous les traitements conventionnels ?

Oui. Certaines personnes atteintes de cancer colorectal participent à des études qui visent la mise à l’essai de nouveaux traitements. Appelées « essais cliniques », ces études ont également comme but de vérifier l’innocuité et l’efficacité des nouveaux médicaments. L’organisme National Institutes of Health des États Unis, par le truchement de sa bibliothèque de médecine, ainsi que d’autres instituts de recherche tiennent à jour une base de données concernant ces essais qui est accessible à partir de l’adresse Internet suivante : www.clinicaltrials.gov. Depuis ce site, on peut accéder à de l’information sur les plus récents essais cliniques portant sur le cancer colorectal.

VII. AUTRES

• Comment le médecin détermine-t-il s’il y a récidive du cancer colorectal ?

La principale façon pour un médecin de déterminer s’il y a retour du cancer est d’utiliser des appareils et des techniques d’imagerie médicale tels que le tomodensitomètre (aussi connu sous le nom de « tomodensitogramme »), l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et l’échographie, grâce auxquels on peut obtenir des images de l’intérieur du corps et vérifier s’il y a présence de cancer.

• Où les personnes atteintes peuvent elles trouver du soutien ?

Les personnes atteintes de cancer colorectal se tournent souvent vers l’équipe de professionnels de la santé (formée de médecins, d’infirmières, de travailleurs sociaux et d’autres intervenants) de l’établissement où elles sont soignées. Par ailleurs, on peut aussi obtenir un appui des réseaux et des groupes dont la mission est de soutenir les gens qui luttent contre le cancer. Ceux-ci sont formés de personnes qui ont l’expérience du cancer et offrent une écoute à ceux et celles qui veulent parler de la vie avec cette maladie. On trouve sur le site Internet de l’ACCC une liste des groupes de soutien qui existent dans toutes les régions du Canada ainsi qu’une description du programme de mentors auprès des personnes atteintes, deux ressources qui peuvent s’avérer utiles.